Je vous partage cette série de visuels à partir d'une question qui me traverse depuis longtemps.
Oui, le social et le médico-social traversent une crise profonde. Oui, les professionnels s'épuisent. Oui, les moyens manquent. Mais réduire cette crise à la seule question du financement serait sans doute passer à côté d'une partie du problème.
À travers la notion de travail empêché, développée notamment par Yves Clot, c'est une autre réalité qui apparaît : celle de professionnels qui savent ce qu'il faudrait faire, mais qui ne peuvent plus toujours exercer leur métier dans les conditions qu'ils jugent justes.
Derrière l'épuisement se cachent parfois des questions plus profondes : le sens du travail, la place du collectif, les logiques gestionnaires, les gouvernances, les rapports de pouvoir, la capacité des institutions à entendre leurs propres contradictions. Soutenir les mobilisations est nécessaire. Continuer à penser ce qui produit la souffrance l'est tout autant. Parce qu'aucune institution ne devrait considérer l'épuisement de ceux qui la font vivre comme un mode de fonctionnement acceptable.
Je poursuis la diffusion de quelques visuels que vous pouvez librement utiliser et partager.
Celui-ci porte sur les risques psychosociaux. On parle souvent des RPS à travers leurs conséquences : épuisement, arrêts maladie, turnover, conflits, perte de sens. On parle moins de ce qui les produit.
Pourtant, les difficultés ne naissent pas uniquement des personnes. Elles s'inscrivent aussi dans des organisations, des modes de gouvernance, des arbitrages budgétaires, des choix managériaux et des politiques publiques.
La théorie des organisations nous apprend qu'un dysfonctionnement n'est jamais réductible à une personne. Derrière une tension, un conflit ou une souffrance, il existe souvent un système de relations, de contraintes et de décisions qu'il faut être capable d'interroger.
Les organisations ne rendent pas seulement le travail possible. Elles peuvent aussi le compliquer, parfois l'empêcher.
Réduction des espaces de réflexion, inflation des procédures, perte d'autonomie, décisions peu lisibles, fragmentation des collectifs, conflits éthiques répétés... Ces phénomènes ne sont pas anodins. Ils constituent souvent les premiers signaux d'un déséquilibre plus profond.
Ce visuel n'a pas pour objectif de désigner des responsables. Il propose des repères pour alimenter la réflexion et le débat.
Et si vous traversez une période difficile au travail, ne restez pas seul. Votre médecin traitant, la médecine du travail, les représentants du personnel, les organisations syndicales, les services ressources humaines sont des appuis .
La bien-être psychique au travail mérite mieux que des réponses individuelles à des problèmes parfois collectifs.
N'hésitez pas à utiliser et diffuser ce support.